Ripple de Dave Cooper
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Ripple de Dave Cooper
Bon, même si l'album est déjà plus ancien que certains dont nous parlons dans cette rubrique, je voulais vous parler de Ripple en postant juste la couverture de l'album ainsi qu'une petite chronique rédigée alors...
Yan pourrait vous parler des expos de Dave Cooper, moi, je ne pourrai qu'essayer de vous donner envie de lire l'album !

Voilà typiquement l’exemple qui illustre une discussion née il y a peu sur la recherche de “l’exception culturelle” !
Ce petit bouquin insignifiant, à la couverture intrigante mais sans plus, ne mériterait presque aucun regard dans des étals de bouquinistes submergés par le flux ininterrompu des sorties BD.
Alors comment ouvrir ce livre aux pages jaunes ? Et bien en écoutant l’enthousiasme de son entourage, en étant un brin docile, un brin curieux, et se laisser aller à l’achat d’un truc que l’on regrette déjà un peu…
Oui, on s’enflamme, il se peut même que l’on se laisse berner par les avis dithyrambiques, et, sans être spécialement influençable, juste par curiosité, on veut tout de même comprendre…
Mais comprendre quoi ?
Même l’auteur nous dit en épilogue qu’il ne comprend pas qu’un éditeur français publie son livre, qu’il ne comprend pas pourquoi il reçoit des lettres enthousiastes d’inconnus, qu’il ne comprend pas la préface d’un célèbre réalisateur, que Tina, l’héroïne n’a rien compris et que lui-même, n’a rien compris et ne comprend rien à ce qui lui est arrivé…
Alors quel intérêt ? Peut-être aucun… Un bouquin inutile, qui traite d’un sujet à la limite de la folie, pornographique, obsédant et presque ignoble… Monstrueux…
Pour qui se rappelle les frasques de John Waters, la scatologie en moins, le personnage de Tina est la réplique exacte de Divine, son égérie, sa muse, avec laquelle il fit les choses les plus immondes… Ca vous donne une image hein ?!...
Entre pédantisme et élitisme, cette œuvre a été poussée par certains, pour la faire découvrir, la sortir d’une fange qui, pourtant, pourrait bien lui convenir…
Un livre sale, qui passe par une gamme de sentiments aussi divers que la méchanceté, le sadisme, le vice, l’amour, la passion, l’obsession, et j’en passe…
Mais le pouvoir d’attraction répulsion s’exerce… Oui, car aussi particulier soit ce livre, aussi fou soit-il, il est l’œuvre d ‘un auteur génial qui sait nous emmener dans sa lente descente psychologique, sa déchéance morale, avec rythme, talent et classe !
Oui, classe, un mot qui fait désordre au vu de cette lecture sordide mais divine(encore elle !)ment écrite, construite, agencée…
On est littéralement aspiré (l’humour me pousserait à écrire liposucé !) par cette incroyable force séductrice qui émane du travail de Dave Cooper…
Je me cache hypocritement derrière mon doigt là car en fait, la séduction qui opère, la magie qui fascine, c’est bien de Tina qu’elle émane…
Créature obèse, laide, au sourire carnassier, aux boutons purulents, au regard vide, qui sait jouer de sa timidité, puis de sa naïveté, pour ensuite devenir vicieuse, méchante, lascive et destructrice, jouant de sa plastique démesurée pour envoûter Martin, le satisfaire en accédant à ses rêves pour les railler plus facilement par la suite… C’est ébouriffant !
Entre fantasme et réalité, Martin perdra sa force créatrice en même temps que sa raison pour cette adolescente ensorcelante qui finit par obséder le lecteur, le voyeur devrais-je dire, que nous sommes…
Spectacle désolant mais qui prend aux tripes, cette passade graphique est érectile, bluffante, incroyable !
Je ne vous livre que des impressions en bloc, je ne vous donne qu’un sentiment fugace, rapide, une sorte de livraison post-lecture sans grande envergure, tellement je suis claqué, vanné, abasourdi par ce que je viens de lire…
L’histoire, le pourquoi de l’existence de ce bouquin, je vous la laisse découvrir, pour ne pas paraphraser, pour ne pas encombrer la pensée…
La base est simple… L’important reste la rencontre de Martin et Tina et ce qu’elle va induire…
Ce bouquin est absolument génial, peu importe le trait, peu importe le sujet, les mots finissent par manquer, l’inspiration se tarit, je suis absorbé (obsédé ?!) par Tina, cette mante religieuse qui finit par vampiriser notre esprit par sa présence hors-norme, charismatique même…
Exception culturelle ? Elitisme ? Boulouboulisme ?
Cessons ces clivages un instant, juste celui nécessaire à la lecture de Ripple…
C’est extraordinaire, un chef-d’œuvre… !
Merci…
Yan pourrait vous parler des expos de Dave Cooper, moi, je ne pourrai qu'essayer de vous donner envie de lire l'album !
Voilà typiquement l’exemple qui illustre une discussion née il y a peu sur la recherche de “l’exception culturelle” !
Ce petit bouquin insignifiant, à la couverture intrigante mais sans plus, ne mériterait presque aucun regard dans des étals de bouquinistes submergés par le flux ininterrompu des sorties BD.
Alors comment ouvrir ce livre aux pages jaunes ? Et bien en écoutant l’enthousiasme de son entourage, en étant un brin docile, un brin curieux, et se laisser aller à l’achat d’un truc que l’on regrette déjà un peu…
Oui, on s’enflamme, il se peut même que l’on se laisse berner par les avis dithyrambiques, et, sans être spécialement influençable, juste par curiosité, on veut tout de même comprendre…
Mais comprendre quoi ?
Même l’auteur nous dit en épilogue qu’il ne comprend pas qu’un éditeur français publie son livre, qu’il ne comprend pas pourquoi il reçoit des lettres enthousiastes d’inconnus, qu’il ne comprend pas la préface d’un célèbre réalisateur, que Tina, l’héroïne n’a rien compris et que lui-même, n’a rien compris et ne comprend rien à ce qui lui est arrivé…
Alors quel intérêt ? Peut-être aucun… Un bouquin inutile, qui traite d’un sujet à la limite de la folie, pornographique, obsédant et presque ignoble… Monstrueux…
Pour qui se rappelle les frasques de John Waters, la scatologie en moins, le personnage de Tina est la réplique exacte de Divine, son égérie, sa muse, avec laquelle il fit les choses les plus immondes… Ca vous donne une image hein ?!...
Entre pédantisme et élitisme, cette œuvre a été poussée par certains, pour la faire découvrir, la sortir d’une fange qui, pourtant, pourrait bien lui convenir…
Un livre sale, qui passe par une gamme de sentiments aussi divers que la méchanceté, le sadisme, le vice, l’amour, la passion, l’obsession, et j’en passe…
Mais le pouvoir d’attraction répulsion s’exerce… Oui, car aussi particulier soit ce livre, aussi fou soit-il, il est l’œuvre d ‘un auteur génial qui sait nous emmener dans sa lente descente psychologique, sa déchéance morale, avec rythme, talent et classe !
Oui, classe, un mot qui fait désordre au vu de cette lecture sordide mais divine(encore elle !)ment écrite, construite, agencée…
On est littéralement aspiré (l’humour me pousserait à écrire liposucé !) par cette incroyable force séductrice qui émane du travail de Dave Cooper…
Je me cache hypocritement derrière mon doigt là car en fait, la séduction qui opère, la magie qui fascine, c’est bien de Tina qu’elle émane…
Créature obèse, laide, au sourire carnassier, aux boutons purulents, au regard vide, qui sait jouer de sa timidité, puis de sa naïveté, pour ensuite devenir vicieuse, méchante, lascive et destructrice, jouant de sa plastique démesurée pour envoûter Martin, le satisfaire en accédant à ses rêves pour les railler plus facilement par la suite… C’est ébouriffant !
Entre fantasme et réalité, Martin perdra sa force créatrice en même temps que sa raison pour cette adolescente ensorcelante qui finit par obséder le lecteur, le voyeur devrais-je dire, que nous sommes…
Spectacle désolant mais qui prend aux tripes, cette passade graphique est érectile, bluffante, incroyable !
Je ne vous livre que des impressions en bloc, je ne vous donne qu’un sentiment fugace, rapide, une sorte de livraison post-lecture sans grande envergure, tellement je suis claqué, vanné, abasourdi par ce que je viens de lire…
L’histoire, le pourquoi de l’existence de ce bouquin, je vous la laisse découvrir, pour ne pas paraphraser, pour ne pas encombrer la pensée…
La base est simple… L’important reste la rencontre de Martin et Tina et ce qu’elle va induire…
Ce bouquin est absolument génial, peu importe le trait, peu importe le sujet, les mots finissent par manquer, l’inspiration se tarit, je suis absorbé (obsédé ?!) par Tina, cette mante religieuse qui finit par vampiriser notre esprit par sa présence hors-norme, charismatique même…
Exception culturelle ? Elitisme ? Boulouboulisme ?
Cessons ces clivages un instant, juste celui nécessaire à la lecture de Ripple…
C’est extraordinaire, un chef-d’œuvre… !
Merci…
Re: Ripple de Dave Cooper
J'ai bien aimé Ripple mais j'ai été moins absorbé ou obsédé que toi, tout simplement parce que Tina est vraiment trop laide. Dans mes souvenirs, j'avais trouvé ça plutôt triste et grinçant. Alors que lorsque Joe Matt touche le fond ça me fait marrer, là le type me faisait un peu de peine.
En fait j'aime surtout Cooper comme dessinateur, en particulier dans ses deux bouquins d'illustrations de Fantagraphics. J'ai trouvé Dan & Larry très bien aussi. Une ambiance bizarre avec des personnages type cartoon.
En fait j'aime surtout Cooper comme dessinateur, en particulier dans ses deux bouquins d'illustrations de Fantagraphics. J'ai trouvé Dan & Larry très bien aussi. Une ambiance bizarre avec des personnages type cartoon.
Re: Ripple de Dave Cooper
Oh mais tu as raison, c'est triste, cynique, glauque, laid, froid, grinçant.
C'est une pure histoire de déchéance dans laquelle l'ironie, souvent politesse du désespoir, n'est pas conviée.
Je comprends que puisse ne pas aimer, voire rejeter le bouquin, mais j'aime m'assurer que le lecteur a pris conscience du génie de Dave Cooper dans ce travail de chute psychologique dans laquelle il nous entraîne !
C'est une pure histoire de déchéance dans laquelle l'ironie, souvent politesse du désespoir, n'est pas conviée.
Je comprends que puisse ne pas aimer, voire rejeter le bouquin, mais j'aime m'assurer que le lecteur a pris conscience du génie de Dave Cooper dans ce travail de chute psychologique dans laquelle il nous entraîne !
Re: Ripple de Dave Cooper
Dieu a écrit:J'ai bien aimé Ripple mais j'ai été moins absorbé ou obsédé que toi, tout simplement parce que Tina est vraiment trop laide. Dans mes souvenirs, j'avais trouvé ça plutôt triste et grinçant.
Ce qui fait l'intérêt du bouquin, c'est justement que Tina est moche. Et puis on n'a pas besoin de s'identifier au personnage pour s'immerger dans son mental : c'est aussi ce qui fait la force de l'auteur.
Comme Coach', j'ai vraiment trouvé que Ripple était un grand livre.
Re: Ripple de Dave Cooper
Farpaitement, chuis d'accord avec Machin ! 
Et en cadeau, c'est par là (http://usuarios.lycos.es/lmgf/Ciclismo_archivos/corine_dorland.jpg)!
Elle est plus belle que Tina !
Et en cadeau, c'est par là (http://usuarios.lycos.es/lmgf/Ciclismo_archivos/corine_dorland.jpg)!
Elle est plus belle que Tina !
Re: Ripple de Dave Cooper
Pour le plaisir des yeux... http://www.flickr.com/photos/davegraphics/617121300/









