Loo Hui Phang avait eu la grâce de nous offrir cet album déjà superbe :
Et j'en avais dit un truc du genre :
Je suis bien incapable de faire un rapport de lecture honnête et cohérent de ce livre.
C’est tout simplement scotchant, bluffant, énorme dirais-je même pour faire le djeunz !
J’avais lu dans cette collection le Comix Remix d’Hervé Bourhis qui m’avait bien plu et j’avais la désagréable impression que ce « Prestige de l’uniforme » était une variante sur le thème…
Pourtant, après avoir plusieurs fois feuilleté les 80 pages de ce double expresso, j’étais attiré par ces cases sombres, ces dessins fouillés, mais bon… Sans plus d’envie que ça.
Traînant un midi dans ma Fnac, désœuvré, rien à lire avec moi, je me suis dit « Pourquoi pas ? » et j’ai acheté cet album un peu résigné par ma maladive compulsivité dans l’achat !
Est-ce pour cela que j’ai apprécié cet album ? Est-ce parce que je n’en attendais rien de particulier ? Est-ce parce que je n’avais pas de préjugés mais bien quelques a priori négatifs ?
Peut-être… Mais en fait, non. Il faut savoir reconnaître quand c’est bon et là, ça l’est !
Très vite on est happé par l’existence de Paul, ou plutôt son inexistence, dans un laboratoire Kafkaïen qui le coupe de toute réalité, à commencer par sa famille.
Sa femme subit et soutient son mari, malgré une certaine perversité psychologique dans cette démarche.
Sa fille souffre de l’absence de son père et développe de sombres pensées.
Et un jour, l’accident de recherche.
Le corps de Paul mute et il vit une période d’éclaircie dans sa vie.
Le scénariste, Loo Hui Phang, utilise le mode narratif personnel et c’est donc par les yeux du héros, et ses pensées, que nous lisons ce bouquin.
C’est désespéré, fort, poignant, beau… Les mots me manquent un peu pour faire quelque chose qui soit du niveau du sentiment qui m’a étreint à la lecture de cet album.
Une sorte de clin d’œil fait à tous les anonymes en quête d’un peu de lumière, une ode à l’anonymat, et une description fine et intelligente sur les méfaits de la reconnaissance et la gestion de la notoriété.
Un album magnifique à ne pas manquer. Dire que j’ai failli passer à côté…
L’édition nous réserve parfois de belles surprises, Prestige de l’uniforme en fait partie.







